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Dans les années '60, la tendance ultra-fonctionnaliste
née au lendemain de la guerre s'accentue encore:
les derniers décors désuets sont mis au
goût du jour, puis le concept même de mode
liée à l'architecture des cinés
disparaît tout simplement. Si les années
cinquante saluent encore l'expansion vers les communes
périphériques, dès la décennie
suivante, la vapeur se renverse et les premières
grandes salles entament leur processus de division.
Le mouvement se généralisera dans les
années septante qui consacrent alors l'ère
des complexes de plus en plus anonymes, concentrés
dans le centre-ville, dont les multisalles réunissent
un maximum de spectateurs dans un minimum d'espace.
L'architecture cesse définitivement de participer
au rêve; seul demeure le film, consommé
indifféremment ici ou là, au mépris
de la belle fidélité qui liait les habitués
d'antan à leur salle de prédilection ou
tout simplement de quartier. Et l'idée de sortie,
donc de fête, associée au spectacle s'évanouit,
de même que le rituel, dépourvu de son
indispensable décor, de son faste et de ses prêtresses,
les ouvreuses.
De 1966 à 1975, le nombre de salles en Belgique
diminue de 43% et les complexes apparaissent. Le premier
du genre, à Bruxelles, est le duplex du Cinéma
Avenue (situé dans le centre) qui ouvre ses portes
en 1957.
L'Avenue offre à la fois un grand confort et
une diversité de programmes. Face à cette
nouvelle concurrence, on assiste à une diminution
importante des salles obscures et plus particulièrement
des cinémas de quartier.
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