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L'entre-deux-guerres sera à Bruxelles l'époque
des salles-mammouths. Le record sera atteint
en 1932 par le Métropole et ses 3.000 places.
Ensuite, la progression se ralentit ou du moins, les
salles qui s'ouvriront par la suite seront plus modestes.
Mais l'élément le plus important dans
l'évolution des cinémas jusqu'en 1939
est celui de l'architecture interne des salles. Le film
est effectivement devenu sonore, l'acoustique devient
donc primordiale.
En effet, à Bruxelles comme ailleurs, l'arrivée
du cinéma parlant (au travers du Chanteur
de Jazz - 1927) sonne le glas de nombreuses décorations
anciennes. Finies les colonnes, les frises, les décorations
outrancières. Celles-ci sont enfouies, pour les
besoins de l'acoustique, sous les matériaux plastiques
les plus divers. Pour rester dans le vent, les salles
bruxelloises se sentent obligées de troquer leurs
habits d'apparat pour des vêtements souvent bien
plus banals et des façades qui ne le sont pas
moins. L'uniformisation des salles est en marche!
Sans qu'il ne soit même nécessaire de consulter
leurs plans, les noms des cinémas en disent déjà
long: l'Eden devient le Crosly Nord, l'Orient-Palace
se met à la mode et est baptisé American,
le Théâtre-Pathé se convertit en
Cinéac et le Modern Palace, conscient de son
âge, se rabat sur l'appellation de Léopold
III.
Néanmoins, cette époque d'internationalisme
architectural engendre les plus belles salles de
la capitale.
L'ère du cinéma rationnel, rentable, techniquement
parfait, veut des formes simples, mais belles et parfaitement
identifiables. L'heure, en outre, est à la théorie
qui oppose théâtre et cinéma en
matière de confort, de sécurité
et de fonctionnement. A partir de ces impératifs
et d'un plus grand souci d'économie, l'architecte
concevra donc une machine à projeter. Le cinéma
des années trente est devenu un outil, mais la
qualité de la recherche architecturale et l'emploi
dynamique de la lumière lui permettent de rester
un bel outil et de conserver une certaine Magie
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