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La première projection de cinéma à
Bruxelles est organisée en 1896 dans les Galeries
Saint-Hubert pour les membres du Cercle Artistique et
Littéraire. Mais le cinéma débutera
sa vraie carrière populaire dans les foires,
dans certains théâtres où
se déroulaient quelques projections ponctuelles,
mais surtout dans les cabarets et autres music-halls.
Au début du siècle, ces derniers se répartissent
essentiellement le long des deux principaux axes commerciaux
de la capitale: la rue Neuve (et ses boulevards parallèles)
ainsi qu'autour de la Bourse.
Peu à peu, le cinéma prend une place
de plus en plus grande dans la programmation de ces
établissements, pour en devenir l'unique attraction.
L'héritage architectural provenant des music-halls
est flagrant. Ainsi on y découvre les
marquises ouvragées, les grandes façades
composées de hautes fenêtres verticales,
les escaliers latéraux menant aux balcons, les
enseignes lumineuses animant le boulevard,
Les années passant, on assiste à un phénomène
de multiplication exponentielle des salles en
plein cur de Bruxelles. De 1920 à 1921,
on passera de 23 à pas moins de 71 cinémas
dans ce quartier. Mais, petit à petit, le cinéma
se propage aussi en d'autres lieux. Chronologiquement,
le phénomène s'étend d'abord à
la Gare du Nord où les salles sont souvent jumelées
avec des hôtels et aux alentours de la place Madou.
Le Grand Casino, par exemple, s'installe chaussée
de Louvain (et devient le Mirano en 1934).
Il alliera, lui aussi, salle de fêtes, brasserie
et cinéma.
A Schaerbeek ensuite, suivant les axes de la chaussée
de Louvain, de la rue de Brabant, de la chaussée
d'Haecht et de la chaussée d'Helmet. Pathé
ouvrira d'ailleurs une seconde salle, l'Artistic Palace,
à la place Liedts.
Tous les propriétaires de salles des premières
années sont généralement des commerçants
non spécialisés dans l'industrie du spectacle,
mais ils sont aussi indépendants. L'après-guerre
verra un autre bouleversement du marché, car
les films américains débarquent en force
en Europe.
A partir de ce moment là, les salles vont être
ouvertes par
les distributeurs.
De nouvelles règles s'instaurent: apparition
des ouvreuses, des horaires fixes (auparavant, on entrait
et on sortait à sa guise), des "premières",
des places réservées, ...
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