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L'afflux des films de Hollywood qui suivirent les libérateurs
américains provoque un véritable "
boom " dans la fréquentation des
salles de cinéma. En 1945 et 1946, on compte
plus de 140 millions de spectateurs par an. Néanmoins,
après la guerre, on assiste aussi à une
banalisation des salles et à l'apparition
des premiers complexes. De surcroît, le
concept de mode lié aux salles de cinéma
s'estompe rapidement.
Les salles se dépersonnalisent peu à peu,
préférant la technique au décor,
mais elles ne disparaissent pas pour autant. Au contraire,
en douze ans, de 1946 à 1958, alors que la fréquentation
des salles en Belgique baisse de 28%, leur nombre augmente
de 50%.
Dans les années 50, on allait au cinéma
pour se divertir, pour passer le temps et aussi pour
découvrir le monde à travers les documentaires
et les actualités. Mais le déclin
commence dès 1957: les bouleversements de notre
civilisation, la multiplication des loisirs et des transports,
l'apparition de la télévision (1958) entraînent
la désaffection d'un public sollicité
de toutes parts.
Le cinéma devenu plus cher perd sa fonction
de distraction populaire et est remplacé par
la télévision tandis que les week-ends
sont passés à la mer. Les petites salles
de quartier, de proximité, ferment leurs modestes
entrées.
C'est aussi le démantèlement des vastes
amphithéâtres. La majorité d'entre
eux disparaissent sans bruit et sans gloire, soutenus
par quelques fous de cinéma, qui sont leurs rares
et derniers supporters.
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